C’est en 2025 que ce projet photographique voit le jour. Il se construit au fil de mes séjours en Tunisie, pays d’origine de mon père, qu’il a quitté à l’âge de 17 ans. Ce projet est né d’un besoin intime : celui de retourner sur ses traces, non pour reconstituer une histoire de manière documentaire, mais pour tenter d’en saisir les résonances. À travers la photographie, j’explore des lieux, des ambiances, des visages et des instants fugaces susceptibles d’évoquer une présence passée — ou une absence encore perceptible.

Ce travail n’est ni un reportage ni un simple retour aux sources. Il s’apparente davantage à une quête sensible, à une forme de dialogue silencieux entre les fragments d’un passé migratoire et la réalité contemporaine des lieux. En photographiant ces espaces, je cherche à recomposer une mémoire éclatée : celle d’un père parti jeune, ayant transmis à ses enfants une Tunisie souvent racontée par les mots, les silences et les récits partiels.

Au-delà de l’histoire personnelle, ce projet tente de toucher à quelque chose de plus vaste : les trajectoires migratoires, les liens entre les générations, les tentatives de transmission et la complexité des héritages que l’on essaie parfois de saisir à travers une image. Il s’inscrit dans ce va-et-vient constant entre le visible et l’invisible, entre l’intime et l’universel, et constitue un cheminement infini.

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"Liège radicale"